« CARTE BLANCHE DU FIGRA 2020 »

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A l’heure où les salles de cinéma sont toujours fermées à cause de la crise sanitaire, les élèves de la section CAV1 ont participé, en distanciel, à cet événement proposé par le FIGRA2 dans le cadre de la semaine de la presse et des médias dans l’école (semaine du 22 mars étendue à celle du 29 mars).

Une sélection de six grands reportages d’actualité et documentaires de société des sélections officielles 2019 et 2020 du FIGRA ont été mis en ligne avec l’aimable autorisation des producteurs et des réalisateurs. Chaque classe a choisi un des six films (vote) qui a été projeté en classe et qui a fait l’objet d’un échange très riche, co-animé par Mme BOULHAÏS, professeur de CAV et Mme DESFASSIAUX, documentaliste.

Les Terminales ont opté pour Mica, les petits esclaves de nos cosmétiques (Brando BARANZELLI, 2019) qui évoque le travail des enfants dans les mines du Jarkhand, en Inde pour extraire le mica, cette substance qui donne à nos produits de beauté leurs vertus brillantes. Le film a profondément touché les élèves: « Ce que j’ai bien aimé, c’est le contraste entre les plans magnifiques de couleurs, de paysages… alors que ce qui se passe est horrible! […] Le journaliste se met en danger pour connaître la vérité en faisant des confrontations, des caméras cachées et même en descendant dans les mines. » (Tatiana); « Le montage est très intuitif avec les cartes de l’Inde et les dessins. […] J’ai bien aimé les gros plans sur les visages des travailleurs: cela illustrait bien leur fatigue et leur souffrance » (Lina); « Il utilise tous les moyens en son pouvoir pour dénoncer d’une part les grandes marques, d’autre part les conditions de travail atroces. » (Faustine).

Les Secondes et les Premières ont choisi le même film: Daraya, la bibliothèque sous les bombes (Delphine MINOUI & Bruno JOUCLA, 2018) qui raconte le destin extraordinaire d’une bande d’amis dans une ville de Syrie assiégée par le régime de Damas. Agés d’à peine 20 ans, ils décident de construire une bibliothèque avec les livres récupérés dans les ruines alors que les bombes pleuvent sur la ville. Un acte de résistance filmé et documenté, racontant une histoire d’amitié, d’idéal démocratique et de découverte de la culture. Les élèves ont été bouleversés par ce film qui a raflé le Grand Prix et le Prix du Jury Jeune en 2019: « Le but de Shadi [le personnage principal] est de préserver la connaissance par les livres, de ramener du bonheur par la culture et de ramener une espèce de démocratie par les livres. » (Mathéo); « Ces 64 mn de film m’ont fait vibrer: on voit […] des images affreuses de mort, de bombardements, de guerre mais aussi des images d’amour, de joie, d’amitié. » (Daniel); « Je préfère le cinéma du réel aux fictions […] ils ont pu dire la vérité en montrant toutes les images que Shadi et Ahmad ont tournées et ils ont montré qu’on peut se reconstruire après avoir vécu l’enfer. » (Emeline); « La symbolique de la caméra m’a séduit: elle garde leurs souvenirs, leur vie mais elle l’a également sauvé3 » (Nahoum); « Shadi et son groupe d’amis décident de lutter contre la tyrannie de Bachar El Assad non par les armes mais par la caméra. […] Le fait que le film soit en arabe sous-titré est très intéressant car on est encore plus plongé dans le film. J’ai vraiment adoré! » (Benoît); « Le film raconte énormément de choses: l’amitié, la pauvreté, la peur, l’amour, la tyrannie… C’est ce qui fait de ce film un film puissant en émotion. » (Maricia).

Cette action d’éducation à l’image sera prolongée par un voyage au FIGRA (Douai) en septembre pour vivre le festival en live, découvrir de nouveaux films en compétition, rencontrer des réalisateurs et participer à un atelier de pratique journalistique.

1 Cinéma-AudioVisuel.

2 Festival International du Grand Reportage d’Actualité (et du documentaire de société).

3 NDLR: la caméra de Shadi l’a protégé d’un impact d’obus.