VISA POUR L’IMAGE

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Un voyage à Perpignan

avec les étudiants de BTS Photographie 2ème année

Un périple photographique

Dimanche 11 septembre, 4h45. Tout le monde est là, ou presque. A 5 heures du matin, nous partons tous pour le sud-ouest. Perpignan, pour être exact. Nous partons pour la semaine scolaire du festival du photo-journalisme, Visa pour l’image. Après 15 heures de bus et une bonne nuit de sommeil, nous rejoignions les lieux d’exposition.

Pendant toute la semaine, nous avons donc passé la plupart de notre temps à visiter les nombreuses expositions, pour la plupart se trouvant au Couvent des Minimes, lieu principal d’exposition.



Cependant il y en avait d’autres tels que l’Eglise des Dominicains, où nous avons notamment pu découvrir la superbe exposition d’Eugene Richards, rétrospective indiscrète de nombreuses années de déambulation aux Etats-Unis, ou encore la Caserne Gallieni, où se trouvait la très poignante exposition d’Evgeniy Maloletka, montrant la réalité d’une Ukraine dévastée.


Du côté du Couvent des Minimes, nous avons eu l’occasion de découvrir la totalité des expositions présentées, soit quinze expositions, parmi lesquelles nous avons eu le plaisir de rencontrer trois d’entre tous les photographes ayant été exposés : Valerio Bispuri, Maéva Bardy et Elena Chernyshova. Tous nous ont présenté leur travail, puis ont écouté nos questions attentivement, avant d’y répondre. Ces rencontres furent réellement enrichissantes, toutes dans des styles bien différents.

Des rencontres humaines

En effet, Valerio Bispuri nous a marqués par ses images fortes traitant de la maladie mentale en Afrique, et par sa façon de défendre son travail mettant bien souvent en relief les libertés perdues. Il nous a parlé de sa façon de vivre ces longs projets loin de chez lui, comment cela pouvait l’affecter et à quel point. Sa conclusion fut simple : son travail allant bien au-delà d’une passion, il ne pourrait s’en passer, son travail l’anime d’une telle force qu’il en met sa vie de côté.



De son côté, Maéva Bardy a, elle aussi, ce profil de nomade, mais dans un style bien différent. Son travail pour la fondation Tara Océan fut en réalité sa première expérience en tant que photographe, venant elle-même plus de la vidéo et du journalisme et de la communication à l’origine. Elle aborda alors son sujet de manière bien plus scientifique. Son regard fut néanmoins très intéressant, bien qu’assez éloigné de la photographie telle que nous la voyions.  

Pour finir, Elena Chernyshova, de nationalité russe, eut un discours fort de résistance et de désir de paix, présentant alors les coulisses d’une guerre absurde. Plutôt photographe de documentaire à l’origine, sa prise de position ne fut qu’une évidence à ses yeux lorsque la guerre éclata. Elle nous a informés, d’abord par ses images, puis par sa voix, d’éléments d’actualité plus qu’essentiels à la compréhension de cette guerre. Elle nous a ainsi touché par sa force, son courage et son humanité, et nous lui souhaitons encore beaucoup de courage pour la suite.

Nous avons également eu l’opportunité de rencontrer Jean-François Leroy, le fondateur du festival, avec qui nous avons pu discuter, et qui nous a donc raconté brièvement l’histoire de ce festival, mais qui nous a surtout partagé sa vision du photojournalisme et sa façon singulière de l’appréhender.

Une nouvelle vision de la photographie

En plus des visites d’expositions et des rencontres, nous avons aussi participé à des activités visant à nous ouvrir sur la façon de penser d’un photojournaliste, ou bien à réfléchir à la publication d’un reportage dans la presse et donc à choisir les bonnes images à proposer en fonction des différents médias.



Bien que certaines expositions plurent davantage que d’autres, toutes nous ont apporté un regard plus réfléchi sur ce qu’est réellement le photoreportage, et accessoirement, sur l’actualité en général : en passant de la guerre en Ukraine à la rébellion en Birmanie, des conditions de vie dans les prisons en Amérique latine à la crise migratoire dans le nord de la France… nombre de problèmes imagés nous ont mieux ouvert les yeux, et poussés à la réflexion et à l’ouverture au monde et à ses problèmes. Certaines nous ont touchées par leurs sujets, d’autres nous ont plus touchées par leur esthétique, d’autres encore par leur philosophie… Il y en avait réellement pour tous les goûts, et nous en sommes tous ressortis grandis dans notre vision de la photographie.

Élisa Comte, BTS Photographie 2ème année